Cholet évite la sortie

par Loris Belin | publié le 11 avril 2012 à 00h00
Dans une affiche typique d’un match piège, Cholet a su s’extirper du danger Boulazac, non sans mal 72-67. Contre le second de Pro B, les choletais ont été solides, prouvant ainsi leur statut de cador des matchs à l’extérieur. Les portes des demi-finales de la Coupe de France s’ouvrent ainsi au CB.

 

Cholet malgré une relation passionnée avec la Coupe ces quinze dernières années nous a aussi parfois habitué à des couacs de taille, notamment contre des clubs de Pro B (souvenez vous d’Antibes 2010 emmené par un certain Luca Vébobe). Dans le chaudron du Palio de Boulazac, toutes les conditions du guet-apens étaient réunies face à un potentiel futur pensionnaire de l’élite la saison prochaine.
 
Les visiteurs prenaient pourtant le match par le bon bout avec une entame de jeu proche du parfait (1-7). Le temps-mort de Sylvain Lautié, coach boulazacois, remettait son équipe sur les rails avec un coup de poker : garder sa star Darryl Monroe sur le parquet malgré deux fautes prématurées. Dominé sous les panneaux, le tandem Monroe – McKenzie va alors devenir le fer de lance du BBD, assisté de Gaillou qui permettait aux siens de prendre l’avantage pour la première fois (10-9, 7’15’’). Aucun panier n’était facile et l’agressivité de part et d’autre ne retombait pas, les spectateurs avaient le droit à un vrai match de Coupe. Causeur, déjà sept points et deux passes après dix minutes se chargeait de rappeler qui était l’équipe de Pro A, menant par le plus petit des écarts après un quart-temps, 14-15.
 
Encore une fois l’entame de quart était idéale pour les coéquipiers d’un DeMarcus Nelson auteur à lui seul d’un 7-0 en deux minutes. Les vétérans de Boulazac (et anciens habitués de l’élite) Dubiez et Adjiwanou remettaient de l’ordre dans la maison locale, mise à mal par les coups de semonce défensifs d’un Rudy Gobert tentaculaire. Cholet semblait avoir pris la rencontre par le bon bout et DeMarcus Nelson ne pas baisser de son pic de fièvre manceau du week-end avec une nouvelle interception (la troisième en quinze minutes) ponctuée d’un dunk (18-26, 15’30’’). Comme souvent, les espoirs sont vite déchus par l’inconstance d’un CB, mis – encore une fois – en difficulté à l’intérieur  par le duo Adjiwanou – McKenzie. Les remplaçants des Mauges ne faisaient pas le poids et même Vébobe confondait vitesse et précipitation. A ce petit jeu, Boulazac porté par l’euphorie de son public refaisait sans coup férir son retard et mieux, passait devant sur la dernière possession de la mi-temps par un primé de leur serial shooteur Ayers. Les temps-mort de Kunter n’y faisaent rien : en un 14-4, le BBD venait de se refaire la cerise et de relancer complètement ce quart de finale, 32-30 à la pause.
 
Les malheurs de Vébobe se poursuivaient dans le troisième acte mais Gobert veillait au grain. Plus globalement, c’est tous les acteurs qui souffraient, la faute à un niveau défensif encore un peu plus élevé par les deux équipes. Les paniers marqués devenaient des exploits individuels ou parfois un soupçon de chance, mais avant tout deux points arrachés à l’adversaire. C’est dans la deuxième moitié du quart que les choses finissent par se décanter un peu plus, toutes proportions gardées. Cholet passe par la ligne des lancers pour accroitre son capital points tandis que Boulazac insiste à l’intérieur, pour 12 de leurs 14 points du quart-temps. D’autant plus dommage pour le CB que Gobert est décidément dans un grand soir alors que Dozier souffre lui bien plus à l’image d’Ayers qui provoquait sa quatrième faute sur un smash monstrueux en toute fin de quart. Impossible alors de faire le moindre écart, les deux équipes se cramponnant aux baskets de l’autre, Cholet maintenant tout de même un petit point d’avance 46-47.
 
Le dernier quart s’annonçait alors décisif et c’est les joueurs à domicile qui envoyaient la première banderille, un 5-0 d’entrée de jeu, ponctué par Ayers de loin qui faisait se lever toute la salle. Toujours aussi fermé, le jeu passait encore et toujours par l’intérieur, ce qui n’était pas pour déplaire à un Fabien Causeur très agressif (pas moins de dix fautes provoquées). Boulazac s’en remettait à un excellent Adjiwanou en seconde période pour s’accrocher à la marque et à un panier d’avance à la moitié du quart-temps. Alors que Causeur avait de nouveau égalisé sur lancer-franc, Adjiwanou et Ayers donnaient un avantage peut-être décisif au BBD : 59-55, moins de quatre minutes à jouer. Les champions de France 2010 allaient finalement forcer la décision à l’expérience et sur un duo majeur Causeur à la finition – Gobert en muraille infranchissable. Ce dernier enchainait quasi coup sur coup ses quatrième, cinquième et sixième contre de la soirée, pas tous parfaitement valables selon Lautié (difficile à dire avec les images de trop faible qualité) mais on ne peut plus décisifs pour le CB. Causeur et Nelson validaient cet effort défensif à la marque et Gradit, comme un symbole (lui qui avait quitté Boulazac dans le tumulte la saison passée) enfonçait définitivement le clou d’un superbe shoot sur son propre rebond défensif. La messe était dite pour les locaux avec une vieille brique balancée par Kerckhof, les dernières secondes ne servant qu’à Causeur d’alimenter son compteur point, la qualification était pour les choletais, score final 72-67.
 
Ce billet pour les demi-finales, Cholet est allé se le chercher face à une vaillante équipe boulazacoise, pleine de ténacité et portée par un beau public. De son coté, l’équipe des Mauges s’est appuyée sur un trio majeur Nelson – Causeur – Gobert de gala, auteur de pas moins de 64 d’évaluation cumulée. Le jeune pivot choletais réalise là une de ses toutes meilleures prestations en pro avec notamment ses 13 rebonds et 6 contres. A défaut d’avoir pu artiller avec autant d’efficacité que contre le Mans, Cholet a cette fois su faire preuve de patience et de maitrise, une qualité pas si souvent vue cette saison dans les fins de matchs choletaises. Avec cette victoire, CB rencontrera Chalon, Le Havre ou Limoges au tour suivant pour rejoindre une salle de Bercy qui n’attend plus que de revivre une vague rouge et blanche.
 
Grâce au travail du club de Boulazac (merci à eux !), vous pouvez revivre intégralement la seconde mi-temps dans cette vidéo :
 
Loris BELIN

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